Kévin Vauquelin : « Paris-Nice 2023 a été un vrai tournant… c’était l’explosion d’un jeune »

4 mars 2026 - 15:45

Du haut de ses 24 ans, Kévin Vauquelin présente déjà sur son CV de champion cycliste des faits d’armes éclatants, de sa victoire d’étape sur le Tour de France à Bologne (2024) à sa deuxième place du classement final du Tour de Suisse (2025), en passant entre autres par deux podiums sur la Flèche Wallonne (2024-25). Durant ses années Arkéa, le coureur normand a aussi crevé l’écran sur Paris-Nice, lors de son unique participation en 2023, en particulier sur l’étape de La Loge des Gardes, achevée en 5e position parmi les tout meilleurs coureurs du monde. Le Français fait cette année son retour sur la Course au Soleil avec un nouveau maillot, celui de la formation Ineos-Grenadiers qu’il a rejointe à l’automne dernier. Sa saison 2026 a débuté par une encourageante 5e place sur le Tour d’Algarve, qui augure peut-être de performances encore plus haut perchées dans les mois qui viennent. Et pourquoi pas dès la semaine prochaine ?

Comment s’est fait le choix d’inclure Paris-Nice dans votre programme ? Était-ce une volonté de vous confronter aux conditions souvent difficiles en début de semaine ?
J’avais le désir de faire Paris-Nice parce que c’est une course qui arrive là où j’habite maintenant ! Surtout, je trouve que c’est la plus grosse course d’une semaine dans le monde, donc c’est très important d’y être. Je trouve en plus que le chrono par équipe est maintenant devenu un avantage pour moi, alors qu’il était presque un inconvénient chez Arkéa. Quand on a un Joshua Tarling, et toute l’expérience d’Ineos-Grenadiers en chrono, ça donne envie d’y aller à nouveau. Et en ce qui concerne les conditions météo du mois de mars, on sait qu’elles peuvent être difficiles partout, mais ça ne me gêne pas tant que ça.  

Lors de votre première expérience sur la Course au Soleil en 2023, vous aviez notamment été impressionnant sur l’étape de La Loge des Gardes (5e), terminée juste devant Vingegaard et Bardet. Quel souvenir en conservez-vous ?
Il y a trois ans, c’est certain que j’avais fait une très belle performance qui m’avait mis en confiance à propos de mes capacités. C’était presque inattendu de me sentir aussi bien et de découvrir ce niveau, cette façon de se battre. Cette semaine a été un vrai tournant, à la fois dans ma tête et dans ma carrière. Avec le recul, je peux dire que j’en suis fier, c’était l’explosion d’un jeune !

« Les classements généraux, c’est quelque chose qui m’anime. J’en ai vraiment envie et c’est l’année où je souhaite concrétiser »

Dans cette saison du changement, avez-vous l’impression de vous lancer dans l’année du tournant, ou dans l’année des expériences ?
Cette année de changement comprend une nouvelle façon de travailler, dans une équipe où le niveau est plus homogène et élevé, ce qui me poussera dans mes retranchements. Je dois coupler ça à un programme assez similaire à ce que j’ai pu connaître, ce qui va me permettre d’envisager l’année avec des points de repère. J’ai aussi une envie de confirmation, après ce qui s’est passé sur le Tour de France et d’autres compétitions. Et je crois que l’expérience de cette année, ce sera celle d’un nouveau « mindset » (état d’esprit… prononcé en anglais dans la version originale !). Parce que le dernier Tour, puis ma blessure, m’ont vraiment fait évoluer. Et c’est positif.

Avec le recul que vous avez sur les places d’honneur obtenues précédemment, croyez-vous que le moment soit venu pour aller chercher une victoire de prestige sur une course d’une semaine ?
Après ces trois saisons, mon envie c’est de gagner au niveau World Tour sur des courses d’une semaine. Viser les classements généraux, c’est quelque chose qui m’anime. J’en ai vraiment envie et c’est l’année où je souhaite concrétiser… mais c’est toujours facile à dire. Avec cette longue coupure due à ma blessure, il ne faut pas que je sois trop exigeant, mais l’expérience peut commencer à peser. Et par ailleurs, être entouré de personnes comme Geraint Thomas pourra certainement m’aider pour aller chercher cette victoire.

L’effectif d’Ineos-Grenadiers sur Paris-Nice est très solide et manifestement ambitieux. Doit-on comprendre qu’il s’agit d’une équipe à deux ou trois leaders avec Onley, Rodriguez et vous ?
Nous avons cet avantage d’avoir de très bons coureurs, ce qui nous donne la possibilité de s’aligner avec trois belles cartes pour le classement général sur ce Paris-Nice. C’est un peu à l’image de ce que nous avons fait sur le Tour d’Algarve, où nous étions co-leaders avec Oscar (4e). Mentalement, ça nous pousse à aller vers le haut et c’est aussi une possibilité de se créer plus d’opportunités dans les moments stratégiques. On l’a vu au Portugal, avec un coup qui aurait pu passer, c’est important de pouvoir les tenter. Donc c’est un rôle qui n’est pas leader, mais pas équipier non plus. Ce sera enrichissant pour moi et pour l’équipe.

« Je peux y aller ambitieux, surtout que le chrono par équipe, avec un effectif comme le nôtre, sera un avantage »

En tant que Niçois d’adoption, vous avez dû reconnaître la montée à la station d’Auron, et toutes les ascensions de la huitième étape ?
Effectivement, j’ai bien pu reconnaître les dernières étapes de Paris-Nice. Je n’ai pas été jusqu’à Auron récemment parce qu’il y avait de la neige. Mais en réalité je connais par cœur cette fameuse vallée de la Tinée et également cette montée. Je l’ai notamment faite plusieurs fois l’année dernière lors d’un stage avec Ewen Costiou. Et je trouve que c’est vraiment bien comme terrain. La dernière étape est presque plus difficile, en tout cas sur sa première partie et elle sera très particulière. On va se sentir très mal dans cette vallée, où l’on a l’impression de forcer énormément, et la question de la météo peut aussi changer la donne.

Le plateau de Paris-Nice sera relevé, et pas seulement grâce à l’engagement de dernière minute de Vingegaard. Viser la victoire est-ce l’objectif numéro 1 ?
On va avoir une très belle start-list. Elle ressemble à celle que nous avons eue sur le Tour d’Algarve, mais avec Jonas Vingegaard et avec une homogénéité à un niveau un peu plus élevé. Plusieurs coureurs vont aussi faire leur rentrée. En ce qui concerne mon objectif, il faut que je vois comment je vais accepter les charges, parce que je n’avais pas couru depuis longtemps. Je sais que je me suis bien entraîné, je verrai donc à quel niveau je peux me situer mais un Top 5 serait une belle façon de m’affirmer. Je peux y aller ambitieux, surtout que le chrono par équipe, avec un effectif comme le nôtre, sera un avantage. Après, il faudra saisir les opportunités.

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